Le malaise des cadres désigne la dégradation de la santé mentale et de l’engagement d’une partie de l’encadrement, sous l’effet d’une charge de travail excessive, d’une forte pression managériale, de difficultés à concilier vie professionnelle et personnelle et d’un sentiment d’isolement. Il se traduit par de l’épuisement, une démotivation et un recul de l’envie d’exercer des fonctions managériales.
Un malaise mesurable
Selon une étude de l’Apec relayée en 2024, un cadre sur quatre estime que sa santé mentale se dégrade. Le sentiment d’une charge de travail difficile à absorber est largement partagé parmi les managers.
Cette pression a des effets visibles sur les trajectoires : une partie des jeunes cadres renonce à des fonctions de management, jugées trop exigeantes au regard de ce qu’elles apportent. Les responsabilités accrues et un niveau de stress élevé pèsent sur la santé de cette catégorie professionnelle.
Les signaux à repérer
Le malaise ne se manifeste pas toujours par un arrêt de travail. Il s’exprime souvent par des signaux plus discrets :
- La procrastination : reporter les décisions ou les dossiers complexes révèle souvent une démotivation ou une surcharge, plus qu’un manque de rigueur.
- Le retrait : moins de participation, moins d’initiatives, moins de présence auprès des équipes.
- L’absentéisme : absences plus fréquentes, parfois liées à des troubles psychologiques.
- Le rapport au télétravail : pour de nombreux cadres, la possibilité de télétravailler est devenue une condition de leur équilibre, voire de leur maintien dans le poste.
Les motifs varient selon l’âge : les managers plus jeunes évoquent davantage la démotivation, les plus expérimentés une charge de travail excessive. D’autres facteurs reviennent souvent : complexité des procédures administratives, difficulté à trancher sur des décisions stratégiques, crainte de l’échec.
Les causes du malaise des cadres
Le malaise des cadres résulte d’une combinaison de facteurs, qui tiennent davantage à l’organisation qu’aux personnes :
- Une pression managériale accrue, entre les attentes de la direction et celles des équipes.
- Une charge de travail démesurée, souvent invisible car faite de sollicitations, de réunions et de tâches administratives.
- Un équilibre de vie difficile, quand l’activité déborde sur les soirées et les week-ends.
- Un sentiment d’isolement et de déconnexion vis-à-vis de la direction comme des équipes.
L’encadrement intermédiaire est particulièrement exposé : il porte les décisions sans toujours y avoir contribué. Notre article sur la déconnexion entre le dirigeant et ses collaborateurs détaille ce mécanisme.
Les conséquences pour les personnes et l’entreprise
Pour les cadres, le malaise peut conduire à l’épuisement professionnel et à une dégradation durable de la santé mentale. Pour l’entreprise, il se traduit par une baisse de productivité, des décisions retardées, un encadrement moins disponible pour les équipes et des difficultés à pourvoir les postes de management.
Un encadrement fragilisé fragilise aussi ses équipes. Le malaise des cadres se diffuse ainsi dans toute l’organisation.
Les leviers pour y remédier
Les réponses efficaces combinent des mesures de soutien et une action sur l’organisation :
- favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, notamment par des règles de déconnexion appliquées ;
- renforcer le soutien aux cadres : espaces d’échange entre pairs, accompagnement individuel, accès à un soutien psychologique ;
- mettre en place une politique de prévention du stress et des risques psychosociaux ;
- mesurer la charge réelle des cadres et simplifier les circuits de décision et de validation.
Ce dernier point est souvent décisif. Analyser le travail réel de l’encadrement (interruptions, réunions, validations, doublons) permet de dégager du temps et des marges de manœuvre. C’est l’objet d’un audit QVCT et de la démarche de prévention de l’usure professionnelle menés par OrinkiPro.
Ce qu’il faut retenir
Le malaise des cadres n’est pas une faiblesse individuelle : il résulte de conditions de travail et d’organisation. Reconnaître les besoins psychosociaux de l’encadrement et agir sur ses causes contribue à un environnement de travail plus sain, plus équilibré et plus efficace, pour les cadres comme pour leurs équipes.
Sources
- Apec, étude sur la santé mentale et la charge de travail des cadres, chiffres relayés en 2024.

